
La République populaire des animaux
de Yann Policar
"L'évenement" est-il évitable ? Les plus forts, les plus riches doivent-ils partager ?
Si l'on se penche sur la société animale, la solution semble évidente. Certains mangent, d'autres sont mangés.
C'est comme cela depuis la nuit des temps.
Essayer autre chose ? Oui, mais quoi ? Et avec qui ?
Peut-on soigner une société qui s'appauvrit en donnant les clefs du pouvoir à ceux qui veulent privilégier les puissants ?
Les protagonistes de cette histoire n'ont pas la même réponse, mais ils finiront par comprendre qu'un être humain qui n'a pas d'ami est un être humain en danger.
Teaser (à venir)
Face à une société qui se fracture et ne s'écoute quasiment plus, le théâtre peut-il apporter un début de solution ?
A vous, en venant voir le spectacle, de nous dire si -par le biais d'un conte- les spectateurs finiront par s'interroger sur leur a priori.
Qu'est-ce que faire le bon choix ?
Les protagonistes de cette histoire n'ont pas les mêmes réponses mais en se parlant et en s'écoutant ils finiront par prendre conscience qu'il n'y a pas de fatalité.
Yann Policar
Auteur
Les inspirations littéraires qui ont aidé Yann Policar pour l'élaboration de cette histoire sont nombreuses (la liste n'est pas exhaustive).
Tout d'abord "La ferme des animaux" d' Eric Blair (plus connu sous son nom de plume de Georges Orwell).
Mais aussi :
"Ces gens-là" de Lumir Lapray Payot 2025
"Des électeurs ordinaires : enquête sur la normalisation de l'extrême droite" Félicien Faury Seuil 2024
"Devenir fasciste : ma thérapie de conversion" Mark Fortier Lux/Lettres libres 2025
"Le ministère des contes publics" Sandra Lucbert Verdier 2024
"Mon village à l'heure Le Pen" Christian Duplan Seuil 2003
Et pour la beauté et la précision de son écriture, et sa défense implicite des sans-grades, je ne peux pas ne pas citer
Joseph Pontus "A la ligne, Feuillets d'usine" La table ronde 2019
Note de mise en scène
Nous vivons une époque traversée par une fracture silencieuse mais profonde : celle du sentiment de ne pas être entendu, de ne pas être représenté, de ne pas compter. Cette sensation diffuse touche des individus aux parcours variés, mais elle produit souvent les mêmes effets : un repli sur soi, une méfiance envers l’autre, et la conviction que se protéger du monde est devenu une nécessité pour survivre au mépris ressenti.
Cette pièce naît de ce constat. Elle ne cherche ni à juger, ni à désigner des coupables, mais à interroger ce mouvement intérieur qui pousse à la fermeture. Pourquoi, face à la douleur d’être ignoré ou incompris, choisissons-nous si souvent l’isolement ? Et surtout, cette stratégie nous protège-t-elle réellement, ou nous enferme-t-elle davantage ?
C’est ce que les personnages de Paul et de Marie vont interroger chez Serge qui se sent « au bord du précipice ».
À travers le parcours des personnages, j’ai choisi de proposer un déplacement du regard : plutôt que de chercher à l’extérieur les raisons de notre désarroi, elle invite à un retour vers soi. Non pas dans une logique de repli, mais dans une démarche de compréhension. Comprendre son propre cheminement, ses blessures, ses mécanismes de défense, devient alors un acte de lucidité, presque de résistance.
Mais cette introspection, pour ne pas devenir une nouvelle forme d’enfermement, doit s’accompagner d’un mouvement d’ouverture. C’est là que la pièce introduit un élément central : le conte.
Le conte agit ici comme une clé. Il convoque notre imaginaire, réactive notre capacité d’émerveillement, et nous reconnecte à une forme de regard enfantin, un regard débarrassé, autant que possible, des filtres et des rigidités accumulés avec le temps. En retrouvant cette disponibilité, cette naïveté au sens noble, les personnages peuvent envisager d’autres manières d’être au monde.
Je m’appuie sur ce contraste : d’un côté, un univers marqué par la tension, la fermeture et la défiance ; de l’autre, des espaces où le conte ouvre des brèches, où le langage devient plus libre, plus symbolique, presque onirique. Ces deux dimensions coexistent et dialoguent, permettant de rendre visible le passage possible de l’une à l’autre.
C’est pourquoi j’ai imaginé une forêt imaginaire faite de rôles, de chants et de situations rejouées, les échanges oscillent entre confrontation et jeu. Ce détour permet de fissurer les certitudes et de révéler une faille plus intime.
Ce spectacle ne prétend pas apporter de solution simple à une problématique complexe. Il propose plutôt une expérience : celle de reconnaître en soi les mécanismes de repli, d’en comprendre les racines, et d’entrevoir la possibilité, fragile mais essentielle, d’un mouvement vers l’autre.
L’enjeu n’est pas de convaincre, mais de faire apparaître ce qui, derrière les positions affirmées, relève d’un besoin de reconnaissance et d’un sentiment d’abandon.
Mélanie Ralaiarinosy
Metteuse en scène
L'équipe
Création lumière : Garance Tulli-Houzet
Yann Policar
Auteur et interprète de Serge
Mélanie Ralaiarinosy
Mise en scène
Mathilde Bellencontre
Marie
Aurélien Landemaine
Paul