
Le Jeu de l'amour et du hasard
de Marivaux
Silvia est promise à Dorante mais elle refuse d'épouser un homme qu'elle ne connaît pas.
Avec la complicité de son père, elle décide, pour l'observer, de se faire passer pour sa
servante Lisette qui de son côté se fera passer pour elle. Ce qu'elle ignore, c'est que
Dorante a eu la même idée avec son valet Arlequin. Cette comédie au rythme soutenu est
d'une modernité déconcertante. Derrière les quiproquos et le comique de situation,
Marivaux aborde les thèmes universels de l'émancipation de la femme et du déterminisme
social.
Teaser
Note de mise en scène
« Doit-on permettre à une femme de choisir son compagnon ? La réponse à cette question
nous semble évidente en 2026. Elle ne l'était pas au XVIIIème siècle. Pourtant, Marivaux prend
le risque, en 1730, d'écrire « Le jeu de l'amour et du hasard » contre les moeurs de son
temps. Et il ne se contente pas de nous présenter une femme qui souhaite avoir le choix. Dès
le début de la pièce, elle justifie son positionnement : l'apparence physique suffit-elle à faire la
qualité d'un être ? Comment connaître l'autre à travers le masque qu'il porte en société et ce
qu'il est dans l'intimité ?
Mais au-delà du questionnement sur la relation amoureuse, Marivaux nous interroge sur nos
conditionnements éducatifs et sociétaux : sommes-nous en capacité d'entrer en relation avec
quelqu'un qui n'est pas de notre rang social ?
Dans cette nouvelle mise en scène, j'ai souhaité mettre en lumière l'héroïne de Marivaux
comme une femme de notre temps. Nous nous sommes concentrés, avec mes artistes, sur les
résonances des thématiques universelles qu'offre ce texte à notre monde d'aujourd'hui. Preuve,
s'il en est besoin, de la nécessité de continuer à faire vivre les oeuvres considérées comme des
« classiques », pour illustrer de quelle façon les grands textes de notre littérature peuvent nous
rappeler que nous nous inscrivons dans une histoire commune et nous éclairer dans ce que
nous sommes aujourd'hui, collectivement et individuellement.
Chercher la fragilité de ceux qui sont les représentants d'une classe sociale dominante et qui se
trouvent piéger dans le jeu qu'ils ont installé, traduire le sensible quand nous sommes face à
quelqu'un qui nous plaît. Et le faire contraster avec les idées reçues de celles et ceux qui sont
les servantes et les valets quand il doivent incarner ce qu'ils croient être une représentation de
leurs maîtres, en forçant le trait, pour que ce contraste déclenche le rire et nous mette face à
nos stéréotypes de pensées. »
Hervé Richardot, metteur en scène
L'équipe
Mise en scène : Hervé Richardot
Scénographie : Bérénice Guénée
Création lumière : Garance Tulli-Houzet
Avec : Mathilde Bellencontre (Lisette), Damien Naël (Arlequin), Victoire Nier (Silvia), Tanguy Poullain (Dorante), Hervé Richardot (Monsieur Orgon)